1830 - 1900
Création, en milieu ouvrier, des premières sociétés d'entraide et des premières mutuelles d'assurance. Ces initiatives visaient à donner un filet de sécurité dans les cas de maladie ou de décès.

Début XXe siècle
Pour faire face à l'émergence du capitalisme, le milieu agricole met sur pied des coopératives d'achat et de mise en marché. De plus, on voit apparaître à cette époque les caisses d'épargne et de crédit, fondées par Desjardins afin de faciliter l'accès au crédit des petites entreprises.

1930 - 1960
Développement du secteur coopératif afin de faire face à la crise économique. Les coopératives naissent dans le secteur de la consommation, des pêches et des forêts, suivies par le secteur scolaire, l'habitation et l'hydroélectricité.

1960 - 1980
Apparition des comités de citoyens dans les quartiers défavorisés des grandes villes. Ces comités désirent la création et la gestion populaire de centres communautaires, de cliniques de santé communautaires et de centres d'aide juridique. À la même époque apparaissent en milieu rural des solidarités populaires avec les mouvements Opérations Dignité et la création de la coopérative JAL (Saint-Just, Auclair et Lejeune) qui sauvera trois villages du Bas Saint-Laurent de la fermeture.

1980-1990
Montée du mouvement populaire et communautaire principalement constitué de groupes de femmes, de groupes de jeunes et de groupes spécialisés en santé mentale. Ceux-ci s'allient aux institutions publiques et à des partenaires privés. Développement d'initiatives qui allient des objectifs économiques et sociaux: coopératives de travailleurs, groupes pour l'intégration au marché du travail, corporations de développement économique communautaire (CDEC), corporations de développement communautaire (CDC), entreprises d'insertion, sociétés d'aide au développement des collectivités (SADC), etc.

Juin 1995
Marche des femmes contre la pauvreté « Du pain et des roses » qui désirent une mobilisation autour de l'économie sociale pour un meilleur financement des initiatives communautaires.

À la suite de cette marche, le gouvernement met en place un comité d'orientation et de concertation sur l'économie sociale qui doit lui faire des recommandations sur la définition, les critères et les projets de l'économie sociale. De plus, dans chaque région du Québec, un comité régional d'économie sociale (CRES) est mis en place à même les CRD (Conseils régionaux de développement).

Mars 1996
Conférence socio-économique sur le devenir social et économique du Québec, dans le contexte de la lutte au déficit. De nouveaux groupes participent à cette conférence, soit le mouvement des femmes, le secteur communautaire, les groupes religieux ainsi que les coalitions populaires. Devant les préoccupations des participants relativement au chômage et à l'exclusion, le gouvernement lance le grand Chantier sur l'économie et l'emploi à partir duquel un groupe de travail sur l'économie sociale est formé.

Les mandats de ce groupe sont de :

  • définir le modèle québécois d'économie sociale;
  • identifier des avenues de développement prometteuses;
  • proposer des moyens pour lancer des projets de création d'emplois;
  • spécifier le rôle des différents acteurs ainsi que les responsabilités liées à l'économie sociale;
  • développer un plan d'action pour créer des emplois dans le domaine de l'économie sociale.

Octobre 1996
Sommet sur l'économie et l'emploi. Reconnaissance officielle de l'économie sociale et de son modèle québécois.

Des entreprises privées s'engagent à contribuer à un fonds pour soutenir la création d'entreprises d'économie sociale (Réseau d'investissement social du Québec).

1998
Mise en place de la Politique de soutien au développement local et régional qui donne aux Centres locaux de développement (CLD) le mandat du soutien technique et financier aux promoteurs d’entreprises d’économie sociale.

Avril 1999
Le Chantier de l’économie sociale devient un organisme permanent autonome afin de consolider les acquis de l’économie sociale et d’assurer son développement à l’intérieur de la structure socio-économique du Québec.

Janvier 2001

Le Chantier de l’économie sociale publie un document de positionnement stratégique « De nouveau, nous osons » dans lequel les réalisations et les enjeux de l’économie sociale sont présentés.

Au Québec, globalement, les entreprises d’économie sociale représentent*

-
4 764 entreprises (2 303 coopératives et 2 461 OBNL)
-
49 450 emplois (17 342 dans des coopératives et 32 108 dans des OBNL)
-
4 milliards de dollars de chiffres d’affaires (2,7 milliards dans des coopératives et 1,3 milliard dans les OBNL)
*
Tiré de De nouveau, nous osons… document de positionnement stratégique, Chantier de l’économie sociale, janvier 2001.

Juin 2001
Réinvestissement du gouvernement du Québec dans la consolidation et le renforcement du vaste réseau québécois de l’économie sociale :
-
augmentation récurrente du budget consacré à l’économie sociale dans les Centres locaux de développement (CLD);
-
financement non récurrent pour aider les entreprises en aide domestique qui ont des besoins en matière de consolidation;
-
augmentation du budget consacré à l’économie sociale au ministère des Affaires municipales et de la Métropole.

Avril 2003
Arrivée au pouvoir du gouvernement libéral de Jean Charest. Diminution du financement des Centres locaux de développement (CLD) et par ricochet, du financement attribué au développement de l’économie sociale. En cours d’année, le gouvernement met fin aux enveloppes dédiées spécifiquement aux entreprises d’économie sociale.

Avril 2005
Le gouvernement fédéral, par l’entremise de Développement économique Canada (DEC), prend des mesures pour soutenir l’économie sociale par le programme Développement des capacités et par la mise en place d’un Fonds de capital patient totalisant 30 M $ sur 5 ans pour le Québec (et qui sera géré par le Chantier de l’économie sociale). Il ajoute à cela 15 M $ sur 5 ans pour appuyer les projets de recherche en économie sociale.

Juillet 2006
Le secteur des entreprises d’économie sociale représente globalement au Québec*

  • 6 254 entreprises (2 313 coopératives et 3 941 OBNL);
  • 65 028 emplois (19 948 dans les coopératives et 45 080 dans les OBNL);
  • 4,3 milliards $ de chiffre d’affaires (3 milliards $ pour les coopératives et 1,3 milliard $ pour les OBNL).

*Site Internet du Chantier de l’économie sociale au 11 juillet 2006.