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Je veux apporter ma contribution à la suite du diagnostic réalisé dans le cadre du plan stratégique de développement économique et de l’emploi de Sherbrooke, présenté en vue du Sommet socio-économique de Sherbrooke. Je suis d’accord avec les grandes thématiques présentées dans ce document. D’abord, il faut miser sur l’importance du Pôle universitaire, tout en se rappelant que le développement économique n’est pas sa mission principale et que les produits issus de celui-ci devront subir l’épreuve du marché. Ensuite, il faut appuyer les diverses initiatives de développement économique durable, de lutte au décrochage et de développement des ressources humaines disponibles. Finalement, il faut instaurer un leadership dans le milieu économique. Mais le développement n’est pas uniquement une question économique. Mes expériences à Centraide et à la Corporation de développement économique communautaire m’ont amené à croire que pour être viable, l’économie doit être sociale. À la stratégie offensive visant le développement économique, il faudrait ajouter une stratégie défensive visant la remobilisation d’une partie des 20 % des citoyens de notre société qui, éprouvés à cause de leur marginalité ou de leur pauvreté, sont exclus de notre monde économique. Notons en plus que la pauvreté se classe parmi les causes majeures du décrochage scolaire. N’oublions pas les personnes issues de l’immigration qui vivent malheureusement la même problématique et dont nous nous privons de l’immense talent. Si nous réussissions à réduire le taux de chômage, même de façon modeste, songeons aux économies de toutes sortes et aux gains de productivité que nous réaliserions. Chaque fois qu’une personne exclue peut, grâce à sa créativité et à un appui modeste, créer son propre emploi, nous pouvons doublement en profiter. Il y a d’abord création de richesses. Ensuite une personne active qui cesse de bénéficier du filet social représente une économie nette pour la société et est moins vulnérable aux problèmes sociaux et de santé reliés à l’exclusion et à la pauvreté. C’est en resserrant les liens entre les différents groupes sociaux que nous pourrions peut-être résister à la concurrence des pays émergents. La créativité n’est pas une exclusivité réservée aux gens de ces pays. Quelle meilleure motivation à l’esprit d’entreprise que le désir de création qui amène des gens, par des projets d’économie sociale et de développement communautaire, à créer leur propre emploi? Pourquoi ces secteurs ne seraient-ils pas porteurs de projets de grande envergure, notamment reliés à l’environnement et aux services? Il doit y avoir une collaboration entre l’économie traditionnelle, l’économie sociale et l’économie communautaire. Pour cela, chacun de ces secteurs doit se demander quelle pourrait être sa contribution au mieux-être des Sherbrookois et Sherbrookoises. Cela ne pourra se réaliser sans l’apport du palier gouvernemental qui doit toujours être garant du bien commun. Avons-nous les moyens de ne pas tenter cette mobilisation collective dans l’intérêt de tous? Ne serait-ce pas là une forme d’égoïsme bien compris ? Claude Forgues |